UN POLAR FRANÇAIS DANS LEQUEL IL EST QUESTION DE… CROATIE !

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C’est un polar, un vrai. Une jeune femme a été assassinée à Paris, brûlée vive. Un pianiste de jazz (qui aimait cette jeune femme) et son ami, chauffeur de taxi, ne croient pas à la version officielle. Ils enquêtent, au rythme de grands standards de jazz. Et leur enquête les mènera sur les rives du Danube, à Vukovar !
Étonnant, non ?
Il faut absolument lire ce livre : LES HARMONIQUES de Marcus Malte, Édition Folio Policier (environ 8 €).
Roman très agréable : parfois drôle, parfois émouvant, voire poignant. On passe du rire de certains dialogues à la brutalité des souvenirs de la guerre de Croatie en 1991, le tout entrecoupé de grands airs de jazz.
L’auteur, l’excellent Marcus Malte, a été de multiples fois primé : Grand Prix catégorie policier des lectrices de ELLE en 2008, Prix Mystère de la critique en 2012, mais aussi Prix Fémina 2016, et bien d’autres.
C’est un peu par hasard que nous avons assisté, en janvier dernier, à un « concert littéraire » au théâtre de Muret en présence de l’auteur et de deux musiciens. Ce fut une formidable soirée grâce aux mots et à la voix de Marcus Malte, mais aussi grâce aux deux musiciens qui l’accompagnaient.
Voici comment était présenté ce spectacle :
Davantage qu’une lecture musicale, c’est à un véritable concert littéraire que vous convie ce trio original et éphémère – ou pas.
Les mots de Marcus Malte, extraits de son roman « Les harmoniques », mis en bouche par l’auteur lui-même et accompagnés, portés, soulevés à bout de voix et de doigts par deux magnifiques musiciens, Gérard Maurin et Virginie Teychené.
Du jazz, du vrai.
De Cole Porter à Miles Davis, de Coltrane à Mingus, de Lester Young à Billie Holiday : ils sont tous là. Qui rôdent entre les lignes, entre les pages, traînent leur blues aux côtés de Mister, de Bob, de Vera, personnages hantés et désenchantés, héros si humains de cette histoire.
De la littérature, de la vraie.
Les deux univers se conjuguent, fusionnent, unis pour le meilleur et le meilleur. Le swing et la poésie, le rythme et l’émotion.
Et pour vous donner une idée de ce spectacle, en voici un extrait, donné aux Nocturnes de Lauri en 2013.
Dans cet extrait, l’auteur lit le texte dans lequel il évoque le martyre de Vukovar en août 1991 (de 7 :20 à 10 :11)
https://www.youtube.com/watch?v=QTDwQN6-vZE

 

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UN CROATE DEUX FOIS SUR LE TOIT DU MONDE

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Stipe Božić, né à Vrgorac en 1951, est alpiniste, réalisateur de films, photographe et écrivain.
C’est le 2ème européen, après Reinhold Messner (italien) à avoir atteint par deux fois le mont Everest.
C’est aussi l’un des rares à avoir fait les « Sept sommets ».
Il atteint le Mont Everest par la voie ouest en 1979. Il faut savoir qu’en 2000, 21 équipes avaient tenté l’ascension par cette voie, seules 3 ont réussi.
Après d’autres tentatives, il atteindra de nouveau le Mont Everest en 1989 par une autre voie.
Stipe Božić a complété les « Sept Sommets » :
  1. Le Mont Blanc – 4809 m (en 1974)
  2. le Mont Everest dans l’Himalaya – 8848 m (en 1979 et 1989)
  3. l’Aconcagua en Argentine – 6962 m (en 1996)
  4. le Mont McKinley (Denali) en Alaska- 6190 m (en 1996)
  5. le Mont Kosciuszko en Australie – 2228 m (en 1996)
  6. le Kilimanjaro en Tanzanie – 5892 m (en 1996)
  7. le Mont Vinson dans l’Antarctique – 4892 m (en 1997)
  8. l’Elbrouz dans le Caucase – 5642 m (en 2000)

Il a écrit son autobiographie « Sedam vrhova » (Sept sommets) en 2003.
Il a réalisé de nombreux films lors de ses différentes expéditions. Au total il a réalisé environ 60 films documentaires.
Il est l’auteur de nombreux articles publiés par les journaux « Slobodna Dalmacija », « Večernji List » et « National Geographic ».
En parallèle avec sa carrière d’alpiniste, Stipe Božić a aussi participé à des explorations spéléologiques. En 1994, il est descendu dans le « Lukima Jama » de la montagne Velebit (1392 m de profondeur).
Pendant la guerre d’indépendance de la Croatie il a apporté son soutien technique à l’armée croate dans les régions montagneuses. En février 1992, il a d’ailleurs été blessé par un éclat d’obus.
Pendant plus de 30 ans, il a fait partie du Service Croate de Sauvetage en Montagne.
Stipe Božić est marié à Vera, ingénieur en génie civil qu’il a rencontrée à Bormio en Italie en 1980 où il donnait des cours de ski. Ils ont eu deux filles, Maja (née en 1988) et Iva (née en 1990). Sa femme a fait l’ascension du Kilimanjaro avec lui en 1996.
Stipe avait un fils d’un premier mariage, Joško (né en 1975). Alpiniste comme son père et secouriste dans le Service Croate de Sauvetage en Montagne, Joško est décédé avec son épouse Ana dans un accident de moto en 2007.
Pour en savoir plus sur Stipe Božić : https://stipebozic.com
(site en croate et en anglais)
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25/06/2016 CÉRÉMONIE HOMMAGE AUX SOLDATS CROATES À L’ARC DE TRIOMPHE À PARIS

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À l’occasion de la Fête Nationale de la République de Croatie et en cette année du 25ème anniversaire de son indépendance, un dépôt de gerbes a été organisé ce 25 juin 2016 à 16h30 à l’Arc de Triomphe à Paris, suivi de la cérémonie du ravivage de la flamme (qui a lieu tous les soirs à 18h30).
Cette manifestation a permis de rendre hommage à tous les soldats croates tués ou disparus au cours de la guerre.
L’Ambassadeur de Croatie, M. Ivo Goldstein était entouré de représentants de la communauté croate de France, parmi lesquels : le Père Tomislav Kraljević de la Mission Catholique Croate, M. Marc Gjidara représentant du CRICCF (Conseil Représentatif des Institutions de la Communauté Croates en France), M. Jožo Musa représentant la communauté croate de Nice.
Zdravko Cerovečki a déposé une gerbe au nom de l’association CROATIE-OCCITANIE.
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AUTOMNE 1992 : ACCUEIL D’UN JEUNE RÉFUGIÉ BOSNIAQUE

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C’est en avril 1992 que la guerre s’étendra à la Bosnie-Herzégovine où la population est composée de serbes, de bosniaques (appelés aussi bosniens musulmans ou Musulmans) et de croates.
Grâce à l’UNICEF et à Médecins du Monde, des enfants blessés, notamment de Sarajevo, sont envoyés à l’extérieur pour y être soignés.
À l’automne 1992, l’association des croates de Toulouse va donc accueillir un jeune bosniaque, Alen, venu se faire opérer à l’ex-Clinique Dillon, après avoir reçu un éclat d’obus dans une jambe. Il est accompagné de sa mère.
Pendant quelques mois, ils vivront chez la famille CEROVEČKI, avant de repartir vers Albertville où tous les réfugiés bosniaques seront regroupés jusqu’à la fin de la guerre.
Article 6/11/1992 Des enfants, des camions, un combat
Article du 10/12/1992 L’au-revoir d’Alen
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FIN MARS 1992 : UNE EXPOSITION DE PHOTOS DE GUERRE

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Fin mars 1992, pour appuyer son action d’information, l’association organise une exposition de photos à l’Espace Bonnefoy de Toulouse. Cette exposition a été possible grâce à l’intervention d’un de nos membres, professeur d’art dramatique dans ce centre culturel, Vinko VISKIĆ. L’exposition a montré des images de destruction de villes, de monuments, des cartes, des statistiques pour que la population toulousaine comprenne mieux la situation de la Croatie.
Article de La Dépêche du 28/03/1992
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10 JANVIER 1992 : VERS LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE DE CROATIE

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Rencontre avec Dominique BAUDISLe 10 janvier 1992, le maire de Toulouse, Député de la Haute-Garonne Dominique BAUDIS, nous reçoit dans son bureau du Capitole. Il fait partie du CDS (Centre des Démocrates Sociaux) qui sera ensuite inclus dans l’UDF (Union pour la Démocratie Française).
Nous lui remettons la lettre que nous avons ramenée de Zagreb, rédigée par le Président de la République de Croatie, Franjo TUDJMAN, lettre obtenue grâce à l’intervention personnelle de Mladen BORŠIĆ. Dans ce courrier, le Président TUDJMAN remercie Dominique BAUDIS pour le soutien que celui-ci a apporté à notre association. À ce moment-là, l’Europe n’a pas encore reconnu officiellement l’indépendance de la Croatie. La France n’y est pas favorable car François MITTERRAND ne se cache pas d’être pro serbe. Peu de personnalités politiques françaises osent soutenir la reconnaissance de la Croatie.
Lors de notre entretien avec Dominique BAUDIS, celui-ci nous dit qu’il est prêt à se rendre très rapidement en Croatie pour montrer son soutien aux croates. Nous lui faisons remarquer qu’il y a des bombardements qui rendent le voyage dangereux. Il nous répond qu’il n’a pas peur, que son expérience de reporter de guerre au Liban l’a habitué à ce type de situation. Il l’écrit dans une lettre à Franjo TUDJMAN. Nous saluons bien sûr son initiative et son courage. Malheureusement, nous n’aurons pas la joie d’accompagner Dominique BAUDIS à Zagreb, puisque, le 15 janvier 1991, tous les pays européens (dont la France), sous l’impulsion de l’Allemagne, reconnaitront enfin l’indépendance de la République de Croatie.
Lettre du Président TUDJMAN à Dominique BAUDIS
Réponse de Dominique BAUDIS au Président Franjo TUDJMAN
Lettre de Dominique BAUDIS à notre association

 

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AUTOMNE 1991 À 1995 : DES INTERVENTIONS AUPRÈS DES MÉDIAS

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De cet automne 1991 jusqu’à 1995 (fin de la guerre), nous avons envoyé de nombreux courriers aux médias dont nous critiquions l’analyse de la situation. Souvent nos communiqués ont été publiés (presse locale, Figaro, etc.). Elisabeth ŠTETIĆ et Agnès CEROVEČKI ont été reçus à FRANCE 3 SUD, suite à notre protestation après la diffusion de reportages tendancieux dans le magazine « Alice ». Enfin, suite à une chronique de Bernard GHETTA (France Inter), Agnès CEROVEČKI lui a envoyé un fax pour contester son analyse. Il l’a appelée quelques jours plus tard et il a pris le temps de débattre, argumentant ses thèses, mais aussi admettant que nous avions raison sur certains points.
Nous sommes fiers de ces actions. Certes, elles n’ont pas permis de mettre fin à la guerre, mais elles ont participé à la clarification de l’histoire, des évènements du moment, a changé ce que nous appelions de la désinformation ou de la propagande.
Nous avons décidé de ne pas publier ces articles sur le site. La guerre est finie maintenant, nous ne voulons pas réveiller des rancœurs (ou des rancunes…) qui n’ont plus de sens. Les personnes qui ont été blessées ne peuvent pas oublier bien sûr, mais il faut aller de l’avant et préparer un avenir serein pour les nouvelles générations. Notre site n’a pas vocation politique.
À l’occasion des élections législatives de 1993, nous avons écrit à tous les candidats de la région pour leur demander de préciser leur position sur la situation et sur l’engagement de la France. Nous avons fait de même pour l’élection présidentielle de 1995. Dans les deux cas, nous avons reçu de nombreuses réponses de la plupart des candidats.
Bien évidemment, nous conservons tous ces articles et courriers dans nos archives. Ils peuvent être consultés sur demande.

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AUTOMNE 1991 À FIN 1992 : L’ORGANISATION DE L’AIDE HUMANITAIRE

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Départ d'un camion humanitaire 2Dès cet automne 1991et jusqu’à la fin 1992, le groupe de Toulouse va collecter des denrées alimentaires, des vêtements, du matériel médical, des médicaments, des jouets et organiser l’acheminement de ces produits grâce à des camions croates qui, faute d’activité économique en cette période de guerre, sillonnent l’Europe pour venir en aide à leurs compatriotes démunis. Les collectes seront faites auprès des habitants bien sûr, mais nous serons également aidés par des entreprises de la région (LATÉCOÈRE, NUTRITION ET SANTÉ, etc.) et également pas la municipalité de Toulouse.
Pendant toute la durée du conflit, nous ferons en sorte que l’aide humanitaire envoyée soit distribuée dans différentes villes de Croatie par un organisme officiel (par exemple CARITAS).
Départ d'un camion humanitaire 1Pour organiser ces différentes actions, il faut de l’argent pour les frais divers (photocopies, frais d’envoi de courrier, transport de colis, etc.). Notre groupe a fait preuve d’imagination pour collecter de l’argent ici et là. Par exemple, certains d’entre nous ont fait un mailing auprès de leurs amis et parents pour leur demander de contribuer à ces coûts. Un membre de notre groupe, musicien professionnel, Vladimir FRITZ, a mobilisé ses amis, accordéonistes de renom de la région, pour un « gala d’accordéons » qui a eu lieu dans un hall du Parc des Expositions de Toulouse au profit de l’association. Les musiciens ont joué gratuitement. L’organisation de cette manifestation a représenté un travail important pour le groupe tout entier, mais nous avons été récompensés par le public venu nombreux et qui a apprécié la qualité de la prestation.
Quelques articles de journaux et photos relatant ces actions
Article du 20/02/92 L’aide à 6000 réfugiés
Article du 16/05/92 Ces dessins venus de Croatie
Article du 6/02/92 La tournée des établissements scolaires
Article du26/12/91 Un peu de douceur pour les enfants de Zagrebun-peu-de-douceur-pour-les-enfants-de-zgb
Article du 9/04/62 Voyage et échanges

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SEPTEMBRE 1991 : LA MOBILISATION DES CROATES DE TOULOUSE POUR INFORMER

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À partir de septembre 1991, à l’initiative des familles DUIĆ et CEROVEČKI, le groupe investit la Place du Capitole chaque samedi après-midi. Une table sur deux tréteaux, des panneaux bricolés à la hâte, des tracts imprimés chaque semaine pour actualiser les informations, voilà notre petite communauté qui va expliquer, expliquer, expliquer inlassablement aux passants ce qui se passe en Croatie, qui sont les agresseurs, comment vivent les réfugiés, quelles sont les solutions pour mettre fin à ce conflit.
Précisons que les personnes rencontrées sont très intéressées, nous écoutent attentivement et soutiennent notre action.

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ÉTÉ 1991 : LE DÉBUT DE L’AGRESSION CONTRE LA CROATIE

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Au cours de l’été 1991, la Croatie est agressée par l’armée yougoslave et le siège de la ville de Vukovar commence au cours du mois d’août. La ville tombera aux mains des agresseurs le 18 novembre 1991. On parle de 1.800 à 5.000 personnes décédées dans cette ville-martyre et 22.000 civils expulsés.
On assiste à quelques manifestations en Europe pour expliquer ce qui se passe en Croatie. Exemple sur la photo qui illustre cet article : des jeunes manifestent pacifiquement à Paris.
À Toulouse, il y a très peu de croates, une quinzaine de familles.  Avant les évènements qui touchent leur pays d’origine, ils ne se fréquentaient pas beaucoup. Certains ne se connaissaient même pas.
Mais ils reçoivent tous des informations alarmantes de leurs familles et ils n’apprécient pas la couverture médiatique en France de la tragédie qui se joue là-bas.
Un petit noyau de cette communauté décide donc d’agir :
– informer la population française
– aider les victimes de la guerre
Chacun contacte le (ou la) croate qu’il connait dans la région de Toulouse et qui, à son tour, fera la même chose. Un groupe d’une vingtaine de personnes d’origine croate ou amis de croates voit donc le jour et se met tout de suite au travail. Ce sont les familles franco-croates vivant dans les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon à cette époque-là : Familles BORIĆ / CEROVEČKI / DUIĆ / FRITZ / IVIĆ / KRIŠTO / PFENDT  / PINEK / POTOČNIK / RISTIĆ / ŠVERKO / ŠTETIĆ / TRAVNIKAR /TRUMBIĆ / VINOVRŠKI / VISKIĆ / VUKOVIĆ / ZIDAR.
L’association ne sera créée administrativement dans la région de Toulouse qu’en janvier 1993. Mais dans l’urgence, le groupe de Toulouse se rapproche d’une association parisienne SOLIDARITÉ FRANCE-CROATIE et du CRICCF (Conseil Représentatif  des Institutions et de la Communauté Croates de France).

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