Association CROATIE-OCCITANIE
Automne 1991 à fin 1992 : l’organisation de l’aide humanitaire

Automne 1991 à fin 1992 : l’organisation de l’aide humanitaire

Dès cet automne 1991et jusqu’à la fin 1992, le groupe de Toulouse va collecter des denrées alimentaires, des vêtements, du matériel médical, des médicaments, des jouets et organiser l’acheminement de ces produits grâce à des camions croates qui, faute d’activité économique en cette période de guerre, sillonnent l’Europe pour venir en aide à leurs compatriotes démunis. Les collectes seront faites auprès des habitants bien sûr, mais nous serons également aidés par des entreprises de la région (LATÉCOÈRE, NUTRITION ET SANTÉ, etc.) et également pas la municipalité de Toulouse.

Pendant toute la durée du conflit, nous ferons en sorte que l’aide humanitaire envoyée soit distribuée dans différentes villes de Croatie par un organisme officiel (par exemple CARITAS).

Départ d'un camion humanitaire 1Pour organiser ces différentes actions, il faut de l’argent pour les frais divers (photocopies, frais d’envoi de courrier, transport de colis, etc.). Notre groupe a fait preuve d’imagination pour collecter de l’argent ici et là. Par exemple, certains d’entre nous ont fait un mailing auprès de leurs amis et parents pour leur demander de contribuer à ces coûts. Un membre de notre groupe, musicien professionnel, Vladimir FRITZ, a mobilisé ses amis, accordéonistes de renom de la région, pour un « gala d’accordéons » qui a eu lieu dans un hall du Parc des Expositions de Toulouse au profit de l’association. Les musiciens ont joué gratuitement. L’organisation de cette manifestation a représenté un travail important pour le groupe tout entier, mais nous avons été récompensés par le public venu nombreux et qui a apprécié la qualité de la prestation.

Quelques articles de journaux et photos relatant ces actions

Article du 20/02/92 L’aide à 6000 réfugiés
Article du 16/05/92 Ces dessins venus de Croatie
Article du 6/02/92 La tournée des établissements scolaires
Article du26/12/91 Un peu de douceur pour les enfants de Zagrebun-peu-de-douceur-pour-les-enfants-de-zgb
Article du 9/04/62 Voyage et échanges

 

Ils ont défendu les couleurs de Toulouse, lui en football, elle en basket-ball….

Ils ont défendu les couleurs de Toulouse, lui en football, elle en basket-ball….

Antonija Mišura-Sandrić

 

Antonija MISURA-SANDRICNée en mai 1988 à Šibenik, Antonija est une joueuse de basket-ball internationale.
1.81 m / 65 kg / Poste : arrière / Numéro : 7

TITULAIRE DANS L’ÉQUIPE NATIONALE DE CROATIE

En 1989, elle remporte les Jeux Méditerranéens.
Elle termine à la 5ème place du Championnat d’Europe 2011 et à la 9ème en 2013. Elle ne jouera pas pour le Championnat d’Europe de 2015 pour cause de blessure.
La Croatie participe au tournoi préolympique en juin 2012, ce qui lui permettra de participer aux Jeux Olympiques de Londres.
À Londres, Antonija sera désignée la plus belle athlète des Jeux Olympiques.


CARRIÈRE EN FRANCE

Elle joue depuis 2013 à Toulouse (TMB Toulouse Métropole Basket).
2013-2014 Le TMB finit la saison à la 8ème place.
2014-2015 Le TMB finit la saison à la 10ème place.
2015-2016 Le TMB va finalement être relégué en Ligue 2. Cette année aura été marquée par de nombreuses blessures avec, parfois, un effectif extrêmement réduit.

Souhaitons à Antonija de trouver un autre club, à la mesure de son talent !

Cette vidéo est un reportage de novembre 2013 pour l’émission « Dans le cercle », émission mensuelle 100% basket féminin créée par la Ligue Féminine de Basket.

Antonija, son mari Marko et des croates de Toulouse

 

Vladimir Petrović

 

Né en février 1972 à Teslić (Bosnie-Herzégovine), de nationalité croate.
1.80 m / attaquant

ÉQUIPES (matches/buts)

1994-1995 Marsonia Slavonski Brod (30 / 5)
1995-1996 Segesta Sisak  (53/15)
1996-1998 Croatia Zagreb (61/19)
1998-2000 TFC Toulouse (65/22)

Sous les couleurs du TFC, Vladimir Petrović a joué 34 matchs en division 1 et 26 matchs en division 2.

Malheureusement, alors que le TFC devait remonter en division 1, le club, avec un déficit de 70 millions de francs a été relégué en National.

Cette vidéo (en croate) retrace la carrière de Vladimir Petrović. Quelques images de son passage au TFC se trouvent à environ 5 mn 20 du début.

En 1999, le fils de Vladimir, Tomi, est né à Toulouse.
Tel père, tel fils, Tomi est footballeur professionnel et lui aussi est attaquant. En 2024, il joue à Trento (Italie).

Qu’appelle-t-on la « Révolte des Croates » ?

Qu’appelle-t-on la « Révolte des Croates » ?

Dès 1940, l’armée allemande occupe la moitié nord de la France et à partir du 11 novembre 1942, elle se déploie également dans la moitié sud. A l’automne 1943, la Résistance française est active, bien que les maquis n’y soient pas encore organisés militairement. En outre, les divisions d’Hitler avaient envahi la Yougoslavie en avril 1941 et, en 1943, des milliers de jeunes gens originaires de Croatie et de Bosnie sont enrôlés de force dans les Waffen‑SS. Les razzias s’appliquant aux hommes nés entre 1917 et 1925, la plupart d’entre eux n’ont guère plus de vingt ans.

C’est ainsi que début août 1943 s’installe à Villefranche-de-Rouergue le 13ème bataillon de la 13ème division des Waffen‑SS, composé d’environ 700 pionniers originaires de Croatie et de Bosnie-Herzégovine. Ceux-ci sont encadrés par des SS allemands chargés d’y réaliser des manœuvres d’entraînement. Redoutant un débarquement allié, notamment dans le sud de la France, Berlin y renforce, en effet, son dispositif militaire.

Le poste de commandement allemand est installé à l’école primaire supérieure, à l’emplacement de l’actuel lycée. Les sous-officiers et les soldats sont logés au collège et dans les écoles primaires. Quant aux officiers, ils occupent l’hôtel Moderne, sur la promenade du Guiraudet.

Très vite, la population villefranchoise s’émeut des mauvais traitements infligés à ces jeunes « malgré-nous » par les officiers et les sous-officiers allemands. Certains Villefranchois en sont eux-mêmes victimes. Avivée par ces sévices, l’idée d’une révolte fait son chemin parmi les jeunes recrues. Décidés à regagner leur liberté, les meneurs des conjurés prennent même contact avec la Résistance française.

Néanmoins, de crainte d’être découverts, les mutins sont, semble-t-il, conduits à précipiter leur action dans la nuit du 16 au 17 septembre 1943, lorsqu’ils déclenchent la révolte. Après s’être débarrassé de leurs officiers allemands, arrêtés, sommairement jugés et exécutés, ils prennent le contrôle de la ville et de l’armurerie. Mais un officier parvient à s’échapper et à donner l’alerte. Les renforts nazis, dépêchés aussitôt en grand nombre de Rodez et des alentours, prennent alors au piège les jeunes révoltés, cernés et pourchassés dans la cité. La répression est impitoyable. Sous-équipés et inférieurs en nombre, la plupart sont tués au combat dans les rues de la ville ou capturés dans la journée du 17 septembre.

Si quelques-uns, et notamment deux des meneurs,  parviennent à en réchapper ou à gagner le maquis grâce à la solidarité des Villefranchois, ceux qui n’ont pas été tués les armes à la main font l’objet d’impitoyables persécutions. Les uns sont massacrés sur place, les autres sont torturés avant d’être conduits en ce lieu, où ils sont fusillés et jetés dans une fosse commune, située à l’emplacement du monument. Enfin, une partie des effectifs du 13e bataillon est déportée à Sachsenhausen et Buchenwald, dont seule une poignée survécut. On estime qu’environ 120 soldats périrent au combat ou furent fusillés à Villefranche. Redoutant l’effet dévastateur de cette révolte sur le moral de ses troupes, Himmler ordonna d’étouffer l’affaire. Mais quelques semaines plus tard Radio Londres diffusa la nouvelle.

Villefranche-de-Rouergue, lieu de mémoire

Bravant l’occupant au lendemain de ces événements malgré le risque de représailles contre la population, soupçonnée de complicité, de nombreux Villefranchois vinrent déposer des fleurs sur la tombe des jeunes martyrs. Et c’est par sa présence et sa fermeté que le maire Louis Fontanges parvint à éviter le pire pour sa ville.

En souvenir de ces événements, un monument provisoire fut érigé au lendemain de la guerre et une commémoration solennelle est organisée chaque 17 septembre depuis 1945. En 1961, le Conseil municipal rebaptisa « Avenue des Croates » la route menant au « Champ des Martyrs croates ».

Auteur de ce texte : Zvonimir FRKA-PETESIĆ  (ex-Ambassadeur de Croatie au Maroc et Chef de cabinet du 1er Ministre depuis 2017)

Septembre 1991 : la mobilisation des Croates de Toulouse pour informer

Septembre 1991 : la mobilisation des Croates de Toulouse pour informer

À partir de septembre 1991, à l’initiative des familles DUIĆ et CEROVEČKI, le groupe investit la Place du Capitole chaque samedi après-midi. Une table sur deux tréteaux, des panneaux bricolés à la hâte, des tracts imprimés chaque semaine pour actualiser les informations, voilà notre petite communauté qui va expliquer, expliquer, expliquer inlassablement aux passants ce qui se passe en Croatie, qui sont les agresseurs, comment vivent les réfugiés, quelles sont les solutions pour mettre fin à ce conflit.

 

Précisons que les personnes rencontrées sont très intéressées, nous écoutent attentivement et soutiennent notre action.

 

Été 1991 : le début de l’agression contre la Croatie

Été 1991 : le début de l’agression contre la Croatie

Au cours de l’été 1991, la Croatie est agressée par l’armée yougoslave et le siège de la ville de Vukovar commence au cours du mois d’août. La ville tombera aux mains des agresseurs le 18 novembre 1991. On parle de 1.800 à 5.000 personnes décédées dans cette ville-martyre et 22.000 civils expulsés.

On assiste à quelques manifestations en Europe pour expliquer ce qui se passe en Croatie. Exemple sur la photo qui illustre cet article : des jeunes manifestent pacifiquement à Paris.

À Toulouse, il y a très peu de croates, une quinzaine de familles.  Avant les évènements qui touchent leur pays d’origine, ils ne se fréquentaient pas beaucoup. Certains ne se connaissaient même pas.

Mais ils reçoivent tous des informations alarmantes de leurs familles et ils n’apprécient pas la couverture médiatique en France de la tragédie qui se joue là-bas.

Un petit noyau de cette communauté décide donc d’agir :
– informer la population française
– aider les victimes de la guerre

Chacun contacte le (ou la) croate qu’il connait dans la région de Toulouse et qui, à son tour, fera la même chose. Un groupe d’une vingtaine de personnes d’origine croate ou amis de croates voit donc le jour et se met tout de suite au travail. Ce sont les familles franco-croates vivant dans les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon à cette époque-là : Familles BORIĆ / CEROVEČKI / DUIĆ / FRITZ / IVIĆ / KRIŠTO / PFENDT  / PINEK / POTOČNIK / RISTIĆ / ŠVERKO / ŠTETIĆ / TRAVNIKAR /TRUMBIĆ / VINOVRŠKI / VISKIĆ / VUKOVIĆ / ZIDAR.

L’association ne sera créée administrativement dans la région de Toulouse qu’en janvier 1993. Mais dans l’urgence, le groupe de Toulouse se rapproche d’une association parisienne SOLIDARITÉ FRANCE-CROATIE et du CRICCF (Conseil Représentatif  des Institutions et de la Communauté Croates de France).