UN POLAR FRANÇAIS DANS LEQUEL IL EST QUESTION DE… CROATIE !

Posté par:

C’est un polar, un vrai. Une jeune femme a été assassinée à Paris, brûlée vive. Un pianiste de jazz (qui aimait cette jeune femme) et son ami, chauffeur de taxi, ne croient pas à la version officielle. Ils enquêtent, au rythme de grands standards de jazz. Et leur enquête les mènera sur les rives du Danube, à Vukovar !
Étonnant, non ?
Il faut absolument lire ce livre : LES HARMONIQUES de Marcus Malte, Édition Folio Policier (environ 8 €).
Roman très agréable : parfois drôle, parfois émouvant, voire poignant. On passe du rire de certains dialogues à la brutalité des souvenirs de la guerre de Croatie en 1991, le tout entrecoupé de grands airs de jazz.
L’auteur, l’excellent Marcus Malte, a été de multiples fois primé : Grand Prix catégorie policier des lectrices de ELLE en 2008, Prix Mystère de la critique en 2012, mais aussi Prix Fémina 2016, et bien d’autres.
C’est un peu par hasard que nous avons assisté, en janvier dernier, à un « concert littéraire » au théâtre de Muret en présence de l’auteur et de deux musiciens. Ce fut une formidable soirée grâce aux mots et à la voix de Marcus Malte, mais aussi grâce aux deux musiciens qui l’accompagnaient.
Voici comment était présenté ce spectacle :
Davantage qu’une lecture musicale, c’est à un véritable concert littéraire que vous convie ce trio original et éphémère – ou pas.
Les mots de Marcus Malte, extraits de son roman « Les harmoniques », mis en bouche par l’auteur lui-même et accompagnés, portés, soulevés à bout de voix et de doigts par deux magnifiques musiciens, Gérard Maurin et Virginie Teychené.
Du jazz, du vrai.
De Cole Porter à Miles Davis, de Coltrane à Mingus, de Lester Young à Billie Holiday : ils sont tous là. Qui rôdent entre les lignes, entre les pages, traînent leur blues aux côtés de Mister, de Bob, de Vera, personnages hantés et désenchantés, héros si humains de cette histoire.
De la littérature, de la vraie.
Les deux univers se conjuguent, fusionnent, unis pour le meilleur et le meilleur. Le swing et la poésie, le rythme et l’émotion.
Et pour vous donner une idée de ce spectacle, en voici un extrait, donné aux Nocturnes de Lauri en 2013.
Dans cet extrait, l’auteur lit le texte dans lequel il évoque le martyre de Vukovar en août 1991 (de 7 :20 à 10 :11)
https://www.youtube.com/watch?v=QTDwQN6-vZE

 

0

MARCHÉ DE NOËL À ZAGREB

Posté par:

Deux années de suite, en 2016 et en 2017, l’organisme « European Best Destinations » a classé le Marché de Noël de Zagreb en 1ère position, devant Strasbourg et Colmar.
Cette année, les Festivités de l’Avent ont lieu à Zagreb du 2 décembre 2017 au 7 janvier 2018 : stands d’artisanat, vin chaud, pain d’épices, concerts, patinoire et d’autres nombreuses animations enchanteront les visiteurs.
Zagreb : LA destination de Noël !
Pour en savoir plus, voici un site (en anglais) qui détaille toutes les festivités de l’Avent à Zagreb.
Cliquez ici.
Et pour en avoir un aperçu, regardez ces deux vidéos.
  • la 1ère faite par l’Office du Tourisme de Zagreb (1 minute 09) :
  • la 2ème de 11 minutes 24 montre plus en détails toute la ville de Zagreb. Elle est datée du 2 décembre 2017 :

0

UNE TRADITION MUSICALE CROATE : LA KLAPA

Posté par:

Inscrite en 2012 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, la klapa est un chant traditionnel vocal à plusieurs voix et a cappella des régions méridionales de la Croatie.
Le mot Klapa vient du mot italien « capulatata » qui signifie groupe d’amis.
En général, une klapa regroupe un premier ténor, un second ténor, un baryton et une basse. Toutes les voix peuvent être doublées sauf le premier ténor. La klapa comprend donc 4 à 10 hommes de plusieurs générations.
Bien qu’habituellement a capella, il est possible que la klapa soit accompagnée par une guitare ou une mandoline.
Traditionnellement masculin, on trouve maintenant des groupes de klapa féminins.
Avec des racines dans le chant d’église de la côte croate, les chants de klapa célèbrent l’amour, le vin, la patrie, la mer…
Les chanteurs se tiennent souvent par l’épaule en demi-cercle. Ils sont souvent vêtus d’un pantalon noir, une chemise blanche et une large ceinture rouge.
Depuis une cinquantaine d’années, un festival de klapa a lieu dans la ville de Omiš en juin-juillet.
Quelques extraits de concerts :
Une explication (de 9 mn 54) en anglais sur la composition d’une klapa avec quelques extraits typiques.
Un extrait de concert (de 3 mn 04) de la klapa korda à Omis au festival 2016.
Un extrait de concert de 8 mn 12) d’une klapa de femmes « Klapa Cesarice » avec Edin Karamazov (luthiste).
0

ZAGORKA, UNE DES PREMIÈRES FEMMES JOURNALISTES PROFESSIONNELLES EN EUROPE

Posté par:

Qui est donc cette femme, dont on rencontre la statue face au n° 25 de la rue Ivana Tkalčića à Zagreb ?
Zagorka est son nom de plume.
Elle est née Marija Jurić en 1873 à Negovec, dans ce qui était le Royaume de Croatie-Slavonie. Elle est décédée à Zagreb en 1957, à l’âge de 84 ans. Elle fut écrivaine, journaliste et militante pour les droits des femmes.
Son père était un petit propriétaire terrien, intendant d’un baron de la région de Krapina (au nord de Zagreb). Quand elle a 18 ans, elle publie un article dans une revue le « Zagorje Proljeće » (le printemps de Zagorje) sous un pseudonyme masculin, Jurica Zagorki. Elle fait également du théâtre et envisage de devenir actrice. Ce projet ne plait pas à ses parents qui l’obligent à épouser un employé des chemins de fer hongrois, András Mátrai, de 18 ans son aîné. Elle n’apprécie pas le chauvinisme de son époux, mais elle tient à apprendre quand même la langue hongroise, ainsi que la télégraphie.
Au bout de trois ans, elle s’enfuit du foyer et le divorce met fin à ce mariage arrangé. Elle écrit alors des articles qui sont publiés dans l’hebdomadaire « Hrvatski Branik » et le quotidien « Posavska Hrvatska » sans signature.
En 1896, elle est correctrice au journal « Obzor ». Elle écrit un article qui dénonce l’offensive linguistique contre la langue croate menée par le Royaume de Hongrie dont fait alors partie la Croatie. Grâce à cet article et à l’appui de Josip Juraj Strossmayer, évêque et parlementaire, elle obtient le statut de journaliste, même si le rédacteur en chef n’est pas d’accord. Il ne veut pas qu’on sache que ces articles, qui ont un grand succès auprès des lecteurs, sont écrits par une femme. Elle est contrainte de signer ses articles avec un nom de plume (Zagorka) et de travailler dans une pièce à part, loin des regards des visiteurs et de ses collègues.
Plus tard, les événements politiques écarteront le rédacteur en chef et son adjoint. Elle éditera toute seule le journal pendant 5 mois.
En 1903, elle organise la première manifestation féministe à Zagreb, mobilisant 1800 femmes, pour défendre des femmes typographes qui avaient été arrêtées. Elle sera à son tour condamnée à 12 jours de prison. Elle militera toujours pour le droit de vote des femmes et pour l’égalité homme-femme dans l’enseignement et au travail.
En 1910, Strossmayer lui suggère d’écrire des romans-feuilletons, des nouvelles qui auront pour conséquence l’augmentation importante du tirage du journal.
En 1917, elle participera au Congrès des Femmes Slaves qui a lieu à Prague.
Après la 1ère Guerre Mondiale, elle subira une autre discrimination, celle du mouvement féministe dirigé alors par des universitaires. Contre cette autodidacte, « le savoir devient un pouvoir de ségrégation ».
Elle créera malgré tout deux magazines féminins, le « Ženski List » (1925-1938) et le « Hrvatica » (1938-1940).
Elle se consacrera de plus en plus à l’écriture de romans dans lesquels on retrouvera ses préoccupations politiques, sociales et féministes. Ses romans, mais aussi ses pièces de théâtre, rencontrent un grand succès populaire.
« Abandonner mon stylo signifierait abandonner ma vie. »
Aujourd’hui, son œuvre littéraire et ses engagements sont mis en valeur dans l’  « Appartement Mémorial de Marija Jurić Zagorka » dirigé par le « Center for Women’s Studies » à Zagreb.
Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marija_Juri%C4%87_Zagorka
http://dicocroate2.over-blog.com/article-marija-juri-39059967.html
http://dangerouswomenproject.org/2016/11/02/marija-juric-zagorka/
SON ŒUVRE LITTÉRAIRE
Son roman le plus célèbre est « Grička vještica » (La sorcière de Grić). Elle y raconte la vie de la comédienne Nora qui avait le pouvoir de sauver les femmes accusées d’être des sorcières.
Son roman « Mala revolucionarka » (La jeune révolutionnaire) présente le personnage principal, Zlatica, comme une femme engagée et autonome pendant les événements de 1903.
Dans « Magiari o Strossmayeru » (Les hongrois sur Strossmayer), une ménagère donne à son invité une leçon sur l’importance du rôle de la femme dans la société.
Dans « Kći Lotršćaka » (La fille de Lotršćak), le personnage principal, Manduša, a été élevée dans l’objectif de faire un beau mariage. Malheureusement, la rumeur suggérera que Manduša n’est pas d’une pure lignée ce qui la condamnera à l’opprobre. Elle décide alors de sauver un condamné à mort en lui proposant le mariage. Il s’avèrera plus tard qu’elle était finalement d’une lignée pure et que le jeune homme est l’héritier d’une grande famille de la région. Le roman est une réflexion sur le sens du mariage.
Jusqu’à présent, aucun de ses livres n’ont été traduits en anglais ou en français. Quelques-uns l’ont été en allemand.
Dans un vote organisé en 2005 par le quotidien croate « Vjesnik », Zagorka est arrivée en 2ème position dans la liste des écrivains les plus populaires de tous les temps.
Présentation de Zagorka (en croate) :
UNE POPULARITÉ TOUJOURS D’ACTUALITÉ
Depuis une dizaine d’années, l’association d’acteurs HISTRION propose des représentations d’auteurs croates (surtout de Zagorka) ainsi que d’auteurs étrangers traduits librement en dialecte croate de Zagreb (le « kajkavski »).
Ils se produisent dans toutes les villes de Croatie tout au long de l’année et, l’été, à Zagreb à « Opatovina », scène en plein air, dans un parc du centre-ville historique.
Cette année, c’est « Kći Lotršćaka » (La fille de Lotršćak) qui est au programme du 8 juillet au 2 septembre 2017.
La famille Cerovečki a assisté à la Première, ce samedi 8 juillet 2017. Après une introduction par le maire de Zagreb, Milan Bandić, les nombreux spectateurs ont pu apprécier, sous un ciel étoilé, une troupe d’acteurs de grande qualité, à la fois acteurs, chanteurs et danseurs, une mise en scène vivante, un texte riche agrémenté par des allusions à l’histoire de la ville.
Pour connaitre le nom des acteurs de ces représentations, cliquez ici.
Quelques photos de la représentation du 8 juillet 2017 :
0

L’ART NAÏF CROATE

Posté par:

L’art naïf est un style figuratif qui ne respecte pas les règles de perspective des dimensions, de l’atténuation des couleurs et de la précision du trait qui diminue avec la distance. On dit qu’il s’agit d’un art « naïf » car il évoque les dessins ou peintures d’enfant. En général, l’inspiration est populaire : paysages de campagne, costumes traditionnels, animaux.
Les peintres naïfs sont souvent des autodidactes. En France, on connait Henri Rousseau (1844-1910), en Haïti, Ossey Dubic.
En Europe Centrale et de l’Est, lors de l’ère du socialisme, ce mouvement s’est beaucoup développé : en Pologne, en Tchéquie, en Russie et dans certaines régions de l’ex-Yougoslavie, mais surtout en Croatie.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’école d’art naïf la plus importante est celle de Hlebine créée au nord-est de la Croatie, dans la région de Podravina, près de la frontière hongroise, à l’initiative d’Ivan Generalić (1914-1992), Franjo Mraz (1910-1981) et Mirko Virius (1889-1943), peintres et paysans.
Pour un résumé de l’art naïf selon l’école de Hlebine, voyez cette vidéo :
Pour un aperçu de l’œuvre d’Ivan Generalić, regardez cette courte vidéo :

 

La spécificité de l’école de Hlebine est la peinture à l’huile sous verre. Les peintres montrent d’abord la condition sociale des paysans, puis après la guerre, ils célèbrent souvent la vie idyllique de la campagne.
Pourquoi ne pas profiter d’un voyage en Croatie pour découvrir cet art si particulier ?
À Zagreb, il faut absolument visiter le MUSÉE D’ART NAÏF qui se trouve dans la vieille ville, tout près de l’église Sv. Marko.
Site Internet : http://www.hmnu.hr/en
Musée ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h et le dimanche de 10h à 13h.

 

À Hlebine, une visite s’impose à la GALERIE D’ART NAÏF.
Une très belle collection de dessins, peintures, sculptures sur bois et même broderies. Parmi les peintres dont les œuvres sont exposées : Ivan Lacković-Croata, Martin Mehsek et Ivan Generalić.
À la sortie, on peut aussi acheter de belles cartes, des ouvrages sur l’art naïf.
Galerie fermée le lundi. Ouverte de mardi à vendredi de 10h à 16h et samedi et dimanche de 10h à 14h.
Après la visite de la galerie, on peut aussi aller à la rencontre de peintres dont les ateliers sont ouverts au public.
Hlebine est à 1h40 de Zagreb en voiture.
Pour voir un reportage sur la galerie de Hlebine, regardez cette courte vidéo (en croate) :
Et pour le plaisir, regardez cette présentation de l’oeuvre d’Ivan RABUZIN :
0

QUELQUES ARTISTES CONTEMPORAINS D’ORIGINE CROATE

Posté par:

CINÉMA
Josiane Balasko (Balasković)
Comédienne, réalisatrice, mais aussi scénariste, romancière… elle a été l’un des membres de la bande du SPLENDID.
Les films qu’elle a réalisés ou dans lesquels elle a joué sont très nombreux : la série des « Bronzés », « Clara et les chics types », « le Père Noël est une ordure », « Trop belle pour toi », « Gazon maudit », « Un crime au paradis »… et bien d’autres !
Elle est aussi connue pour ses engagements : membre des Enfoirés, elle soutient aussi les personnes expulsées, sans-papiers, mal logés.
John Malkovich
Acteur, scénariste, réalisateur et producteur, il a participé à plus de 70 films, parmi lesquels : « L’empire du soleil », « Les liaisons dangereuses », « Ombres et brouillard », « Dans la ligne de mire », « Par-delà les nuages », « Dans la peau de John Malkovitch ».
Il a vécu une dizaine en France, il parle très bien le français et est un fervent francophile.

 

 Eric Bana (Banadinović)
Acteur australien (de mère allemande et de père croate), il est d’abord un des acteurs comiques les plus populaires d’Australie, puis il fait une carrière dans des registres totalement différents.
Dans sa filmographie, on note par exemple : « Hulk », « Munich », « deux sœurs pour un roi », « Hanna », « Du sang et des larmes », « Le Roi Arthur ».

 

Branko Lustig, co-producteur de films comme « La liste de Schindler »

MUSIQUE
Ivo Pogorelić, pianiste
Il a commencé le piano à 7 ans. À 12 ans, il est parti étudier au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou. Sa renommée date d’une « mention honorable » qu’il a obtenue au Concours International Frédéric Chopin à Varsovie. Son élimination au 2ème tour avait provoqué la démission de Martha Argerich qui le considérait comme un génie. C’est alors que sa carrière s’est envolée.
Il a donné des récitals comme soliste et joué avec les orchestres les plus prestigieux, dans le monde entier. Il a enregistré des œuvres de Bach, Beethoven, Brahms, Chopin, Liszt, Ravel, Scarlatti et bien d’autres. Il a cessé d’enregistrer après la mort de son épouse (qui avait été son professeur à Moscou).

Goran Filipec
, pianiste
Né en 1981 à Rijeka, il a gagné des prix dans des concours internationaux, comme ceux de Los Angeles, Monterrey et Parme.
Il a donné des récitals dans le monde entier : au Carnegie hall de New-York, à l’Auditorium de Milan, à la Philharmonie de Paris, mais aussi en Amérique du Sud, au Japon.
Dans sa discographie : Rachmaninov et Mussorgsky (2006), Liszt’s anniversary resonances (2012), les pièces pour piano et les sonates pour violon et piano de Ivo Maček (2014), Liszt : grandes études de Paganini (2016)
Il a participé plusieurs fois à l’émission « La boîte à musique ». Ci-dessous une de ces émissions dont le thème était « la musique militaire ».


Helen Merrill (vrai nom : Jelena Milcetić), chanteuse de jazz
Elle est née en 1930 à New-York, ses parents sont croates, originaires de l’île de Krk. Sa carrière couvre plus de 50 ans. Elle s’est produite en concerts et dans de nombreux festivals de jazz dans le monde entier et elle a enregistré avec les plus grands noms du jazz : Charlie Byrd, Bill Evans, Stan Getz, Gary Peacock, et d’autres encore.
Pour en savoir plus, lisez cette série d’article de France Musique :
https://www.francemusique.fr/jazz/interview-exclusif-helen-merril-en-integralite-et-en-version-originale-31253
0

AMÉLIORER SA LANGUE CROATE POUR LES JEUNES ET POUR LES MOINS JEUNES

Posté par:

Pour les jeunes de 9 à 16 ans, un camp d’été à Novi Vinodolski du 17 au 28 juillet 2017
Pour toutes les informations sur ce camp d’été :
Contenu du camp d’été 2017 .
Pour les adultes (à partir de 17 ans) : Université d’été à Zagreb du 24 juin au 21 juillet 2017
Pour toutes les informations sur cette Université d’été :
Contenu de l’Université d’été 2017.
0

UN FESTIVAL EXCEPTIONNEL À DUBROVNIK ET UNE ARTISTE EXCEPTIONNELLE EN RÉGION OCCITANIE

Posté par:

 

Le Festival SENTIMENTO 2016
Stijepo Gled Markos est un ténor croate de Dubrovnik, la « perle de l’Adriatique ». Il est à l’origine de la création dans sa ville du Festival SENTIMENTO, festival international de l’éducation culturelle et de la réhabilitation.
L’objectif de ce festival est d’utiliser la musique et le son pour la réhabilitation des personnes porteuses de handicap et de les intégrer dans la communauté. Ils contribuent en tant qu’artistes et créateurs avec l’aide d’enseignants et musicothérapeutes en composant des morceaux de musique qui sont exécutés ensuite par des musiciens de renommée mondiale.
Nous vous recommandons particulièrement de regarder la vidéo ci-contre. Vous comprendrez l’esprit de ce festival. Il s’agit d’une interview du Prof. Nigel Osborne, compositeur et musicothérapeute. L’interview est faite par Stijepo Gled Markos. Cette vidéo est en croate, sous-titrée en anglais.
Plusieurs artistes ont été invités pour l’édition 2016, autour de Markos et de l’Orchestre Symphonique de Dubrovnik, dont Nenad Bach en particulier, venu des USA, et Anna K. Eaves venue de notre région.
QUI EST ANNA K. EAVES ?
Née à Paris de parents britanniques, Anna est une artiste, auteure, compositrice, chanteuse et musicienne qui perdu à 26 ans (AVC) l’usage de son côté droit (hémiplégie) et de la parole (aphasie). Elle vit à Pibrac avec son compagnon, franco-croate, Stéphane Novak.
Aujourd’hui Anna a 35 ans. On peut entendre sa voix et ses chansons dans une magnifique collection musicale : Anna Music Collection.
www.annamusiccollection.com
https://www.facebook.com/annamusiccollection/

Pour vous donner envie d’en connaitre plus sur Anna Eaves :
 On peut rêver… et si on organisait un SENTIMENTO dans notre région ?
0

LE BISCUIT TRADITIONNEL CROATE : LE PAPRENJAK (pluriel : PAPRENJACI)

Posté par:

Les biscuits traditionnels croates « PAPRENJACI » sont faits avec un mélange subtil de miel et de poivre noir, ainsi qu’avec les ingrédients suivants : œufs, beurre, noix et noisettes et autres épices comme cannelle, clou de girofle et noix de muscade.
Cette recette unique n’est pas la seule particularité de ces biscuits. Ils sont faits grâce à des moules en bois.
La recette de ces biscuits daterait du XVIème siècle pendant la Renaissance. On en dégustait toute l’année, mais plus particulièrement au temps de Noël. Les biscuits étaient faits en famille par les mères et grands-mères, les enfants étant chargés de leur donner leur forme avec les fameux moules en bois.
Le célèbre écrivain croate August Šenoa a parlé de ces biscuits dans son livre  Zlatarovo zlato  (Goldsmith’s Gold) :
« And thus it came to pass that she was called the Paprenjak lady: over the length and breadth of the city there was not a woman, noble or common, who could bake paprenjaks in the way that Magda knew. Day in and day out there was a run on her paprenjaks, and the city judge Ivan Blažeković himself was known to leave a pretty penny in her purse every so often. » A. Šenoa, Zlatarovo Zlato, Mladost, Zagreb 1973 p. 6
0

UN LIVRE QU’IL FAUT ABSOLUMENT LIRE : UNE ÎLE AU CŒUR DU MONDE

Posté par:

Auteur : Michael D. O’BRIEN
Éditions SALVATOR
Paru en mai 2011
828 pages
ISBN : 008000600/ Code barre : 9782706708008
4ème de couverture :
Josip Lasta naît en 1933 dans les Balkans. En pleine Seconde Guerre mondiale, les montagnes yougoslaves sont le théâtre d’affrontements terribles impliquant les armées allemandes et italiennes d’occupation et les forces rebelles (oustachis, tchetniks, partisans communistes). Les habitants des Balkans sont à la frontière de trois mondes : le monde islamique, le monde slave orthodoxe et l’Europe catholique. Comment garder son identité et son humanité dans des conditions déshumanisantes ? Fresque d’une vie dans un monde bouleversé par la guerre, Josip verra son monde s’effondrer, traversera des épreuves multiples, connaitra la passion amoureuse, l’amitié fraternelle et trouvera finalement le chemin d’une véritable résurrection.
Un gros pavé de plus de 800 pages, ça fait peur ! Mais dès qu’on se plonge dans ce livre, on ne peut plus le lâcher.
Le style est agréable. L’histoire est passionnante et provoque une réelle émotion. C’est la vie de Josip, croate, sans doute de Herzégovine. On le suit depuis son enfance, quand il perd sa famille massacrée et jusqu’à sa mort. Il subit torture, prison, puis exil, victime des guerres et du régime de Tito. On se rend compte, avec ce livre, que ce pays (l’ex-Yougoslavie) dont on disait qu’il était le pays du bloc communiste le plus souple a été le lieu de crimes et horreurs révoltants.
Mais ce livre n’est pas qu’un roman historique. C’est aussi un roman philosophique, un road-movie spirituel. Tout au long du récit, Josip s’interroge sur son identité, sur sa foi, luttant contre son désir de vengeance et cherchant à se reconstruire après tant de malheurs et de souffrances.
Son passage à « Goli Otok » (l’île nue en croate) est particulièrement impressionnant. On sait que cette île était un terrible lieu de détention dont peu de personnes sont revenues vivantes.
Un livre passionnant et émouvant.
0

LA POÉSIE CROATE

Posté par:

Cet article ne prétend pas être un exposé complet, mais simplement un aperçu pour donner envie d’aller plus loin… Il a aussi l’ambition d’attiser l’envie de celles et ceux qui souhaiteraient apporter leur contribution pour faire connaître la littérature comme toute expression artistique croate.
Toutes les informations contenues dans cet article et les poèmes cités sont issus du livre « LA POÉSIE CROATE des origines à nos jours » par Slavko Mihalić et Ivan Kušan aux éditions SEGHERS, 1972 (ouvrage épuisé).
La littérature croate s’est développée dans les mâchoires d’une espèce de tenaille : l’Est islamique et l’Ouest désireux d’ingression. Prenant part à tous les courants littéraires européens du XIVème siècle à nos jours, elle se compose aussi d’une création originale marquée par tous les malheurs de sa communauté.
Au XVème siècle, la Croatie centrale est une partie du Royaume hungaro-croate, alors que des îles et des villes sont sous dominance vénitienne. Les Turcs, venus de l’Est, mettent le pays à feu et à sang.
La Bascanska Ploca dans l'église de BaskaLe premier texte en langue croate, c’est la « Plaque de Baška » (Baščanska Ploča), écrite en écriture glagolitique vers l’an 1100, preuve d’une littérature personnelle et originale. Elle se trouve dans l’église Sainte-Lucie de Baška.
bascanska-ploca
Au IXème siècle, les disciples de Cyrille et Méthode imposeront une langue destinée au service de l’église, le vieux-slave. Mais les copistes croates y apporteront peu à peu des éléments du parler national, aboutissant au XIVème à l’abandon du vieux-slave.
À la fin du XVème siècle et au début du XVIème siècle, les poètes de la Renaissance de Dubrovnik, influencés par la vie littéraire italienne, conservent une personnalité qui leur est propre. Quand les circonstances politiques mettent à mal l’unité croate, la littérature assuma une tâche d’unification, s’intéressant aux œuvres de toutes les régions de Croatie. Quand la pression turque s’arrêtera, le nord de la Croatie connaitra aussi une flambée de la création littéraire.
La langue littéraire de chaque région a été marquée par les sept siècles de partage du territoire. La littérature croate comprend les trois dialectes : au sud le tchakavien, au nord le Kaïkavien, au centre et à l’est le chtokavien. Ces différences ne font qu’apporter plus de richesse à la littérature. On trouve aussi de nombreuses œuvres en langue latine.
Précisons que les textes notés « J.M. » ont été traduits par Janine Matillon, écrivain français et grande spécialiste de la littérature croate. Elle est notamment l’auteur d’un roman « Les Deux Fins d’Orimita Karabegovic », grand roman de la guerre bosniaque (1996).
Autres traducteurs : P.S. Pierre Seghers / M.A. Marc Alyn
Poètes inconnus du XIVème siècle
Le manuscrit de cette poésie, CANTATE DESSUS UNE TOMBE, est conservé à la Bibliothèque de Paris.
Marko Marulić
Né à Split en 1450, il a écrit en latin et en croate.
Un de ses poèmes les plus connus est la PRIÈRE CONTRE LE TURC, dans lequel  il décrit les atrocités vécues par les croates au cours de la domination turque.
Sabo Bobaljević Mišetić
Né en 1529 à Dubrovnik, il écrivit en croate et en italien.
L’extrait intitulé QUAND TU M’AURAS TUÉ, Ô MORT, est emprunté à une épître à Maroje Mažibradić.
Poésie populaire (auteur inconnu)
Un poème : REGARDONS
Lavoslav Vukelić
Né en 1840 à Kosinj (dans la région de Lika) et mort en 1879. Dans le poème À SOLFERINO, il expose ses vues antimilitaristes.
Antun Gustav Matoš
Le banc de Matos à ZagrebNé en 1873 à Torvanik et mort en 1914 à Zagreb.
Il marque le vrai début de la littérature croate moderne, allant du symbolisme au surréalisme en passant par l’expressionnisme et le futurisme.
Auteur de 80 poésies, de nouvelles, de récits de voyage, ses œuvres comprennent 20 volumes.
On pourra lire LES CHEVEUX CONSOLATEURS.
Le banc de Matos à Issy-les-MoulineauxÀ l’occasion du centenaire de la mort du poète, un banc sculpture en son honneur a été inauguré le 8 février 2014 au Jardin des Mille Roses de l’Hôpital Corentin Celton d’Issy-les-Moulineaux, réalisé par l’artiste croate Ivan KOŽARIĆ, comme celui qui se trouve dans la ville haute de Zagreb.

Vladimir Vidrić

Né en 1875 et mort en 1909 à Zagreb.
Il n’a écrit qu’une vingtaine de poèmes, dont LE MATIN, mais elles font de lui le plus grand poète moderne, le Verlaine croate.
Miroslav Krleža
Né en 1893 à Zagreb. En conflit avec les autorités austro-hongroises, puis après la création de la Yougoslavie, il rejoint le mouvement ouvrier révolutionnaire. Pilier de la littérature croate (poésie, nouvelles, romans, drames, essais, critiques), son œuvre comprend 36 volumes. Il a une influence très importante  dans la formation de l’intelligentsia croate de gauche.
Parmi ses nombreuses poésies, on peut lire DANS LE BROUILLARD.
Dobriša Cesarić
Né en 1902 à Slavonska Požera. C’est un poète « d’une simplicité cristalline et d’une grande pureté d’expression ».
Lisons LA CHANSON DU POÈTE MORT.
Vlado Gotovac
Né en 1930 à Imotski. Il a écrit plusieurs livres d’essais et d’études philosophiques, de la prose, des drames, des articles.
On lira la MÉDITATION PRÉLIMINAIRE À « ÉCHO »
Vesna Krmpotić
Née à Dubrovnik, femme de diplomate. Elle a vécu aussi en Inde, en Égypte. Elle a écrit de remarquables récits de voyages, mais aussi des essais et des critiques.
On lira le RENDEZ-VOUS PLACE AUX FLEURS.
Et pour terminer, quelques LOCUTIONS ET PROVERBES POPULAIRES qui concluent cette anthologie éditée par SEGHERS.
Agnès Cerovecki
 
0

LES PETITS CŒURS CROATES EN PAIN D’ÉPICES OU «LICITARSKO SRCE»

Posté par:

Les petits cœurs ou « licitarsko srce » sont un symbole de la Croatie. Ils sont faits en pain d’épices dans le nord de la Croatie. Ils sont utilisés en décoration.
L’art du pain d’épices en Croatie du Nord  a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité  par l’UNESCO en 2010.
HISTOIRE
Le pain d’épices est né au Moyen-Âge dans les monastères d’Europe centrale. Certains noms de fabricants de pain d’épices sont mentionnés dans des documents datant du XVIIème siècle.
À l’origine, ils étaient faits dans des moules en bois qui ont été peu à peu remplacés par des moules en métal. Les formes des moules sont restées pratiquement inchangés au cours des siècles, mais les décorations ont changé sous l’influence des styles (Renaissance, Baroque, Rococo, classicisme). De nos jours, on voit apparaitre des formes nouvelles : cœur évidé, nounours, cloche, sapin, etc.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

FABRICATION
Pour voir comment sont fabriqués ces petits cœurs, par exemple par l’entreprise de Franjo Oslaković à Samobor, regardez ce film réalisé par  CRO FILM :

Ils sont encore une trentaine de « pain-d’épiciers » dans le nord de la Croatie.
Traditionnellement, ils fabriquent aussi des gâteaux à base de miel (medenjak), des bonbons au miel, des bougies et des cierges.
Les cœurs (liticarsko srce) sont cuits, séchés, puis peints avec des colorants alimentaires. Ils sont souvent rouges, mais on en trouve aussi en blanc, vert, etc. Les fabricants y ajoutent, selon leur inspiration, des petits miroirs, un poème sur un papier qui sera inclus dans le décor. Ils ont tous un petit cordon pris dans la masse de la pâte, afin de pouvoir les accrocher.
UTILISATION
Les licitarsko srce en forme de cœur sont offerts en signe d’amitié et en signe d’amour. Les jeunes mariés en offrent souvent à leurs invités avec, comme décor, leurs prénoms et la date du mariage. On en offre aussi pour être utilisés comme décor de l’arbre de Noël.

0